Cours d'histoire!
A New York, dans les années 60, il est interdit de servir des boissons alcoolisées aux homosexuels, de danser entre hommes ou de se travestir. Les descentes de police dans les bars où des gays étaient suspectés d'être étaient monnaie courante aux États-Unis.
Au 53 Christopher Street, au c½ur de Greenwich Village, le Stonewall Inn est l'un des seuls bars où les gays peuvent se retrouver, malgré les fréquentes descentes de police. Tenu par la mafia, le Stonewall cible volontairement la clientèle gay, car elle rapporte gros.
Le raid qui eut lieu le 28 juin était différent des interventions précédentes. Habituellement, les propriétaires du « Stonewall Inn » étaient prévenus à l'avance par une taupe de l'arrivée de la police, et ces descentes avaient souvent lieu assez tôt dans la soirée pour permettre une réouverture rapide du bar. Aux alentours de 1 heure 30 du matin, plus tard que d'habitude, huit policiers en civil pénétrèrent dans le bar. La plupart des clients purent partir sans être inquiétés, puisque les seules personnes interpellées étaient celles sans carte d'identité ou portant des vêtements habituellement réservés aux personnes du sexe opposé, ainsi que les employés du bar.
On ne sait pas très bien comment l'émeute débuta, mais la foule présente sur les lieux commença à lutter contre les forces de police. L'histoire veut qu'un travesti, Sylvia Rivera, ait jeté la première bouteille sur les policiers. Etonnés et en sous-effectif, ceux-ci se réfugièrent dans le bar. Le chanteur de folk hétérosexuel Dave Van Ronk, qui passait par là, fut emmené de force par les policiers dans le bar et battu. La foule continuait ses attaques. Certains essayèrent, sans succès, de mettre le feu au bar. D'autres se saisirent d'un parc-mètre et bloquèrent les policiers à l'intérieur. Les résidents du quartier et les clients des bars alentour commencèrent à affluer.
Pendant la nuit, des hommes efféminés furent souvent pris à parti par les forces de police et battus. La première nuit, treize personnes furent arrêtées, et quatre policiers ainsi qu'un nombre inconnu de manifestants blessés. La foule, estimée à 2.000 personnes, lançait des bouteilles et des pierres aux 400 policiers arrivés sur place.
La police finit par envoyer la Tactical Patrol Force, une unité de police anti-émeute, alors habituée à lutter contre les opposants à la guerre du Viêt Nam. Cependant, ces hommes ne parvinrent à disperser la foule qui continuait à leur jeter des pierres et toutes sortes de projectiles.
Craig Rodwell, qui avait créé en 1967 dans la Christopher Street la première librairie d'auteurs Gay au monde, ameuta la presse. Les journalistes assisteront à plusieurs jours de combats, qui se poursuivront dans la rue. En effet, le 28 juin, l'émeute se calma, mais la foule revint les jours suivants. Les échauffourées durèrent cinq jours, toutes les brimades dont les homosexuels avaient été victimes précédemment refaisant surface.
Plus tard, après une bataille juridique pour obtenir le droit de manifester, la première manifestation, amenée par Craig Rodwel, de quelques centaines de gays et de lesbiennes a lieu sous les slogans "Come Out", "Gay Pride", "Gay is Good" et en chantant le "Gay Power".
Les émeutes de Stonewall et la manifestation déclenchée par Craig Rodwel marquent une étape importante de l'émancipation des homosexuels. Elles sont les précurseurs de ce qui deviendra la gay pride (fierté gay).
C'est en hommage à cette émeute de Stonewall que la plupart des marches des fiertés dans le monde ont lieu le dernier dimanche de juin